5 raisons de (re)découvrir James and the Giant Peach

 

A l’occasion de la ressortie très confidentielle de ce film, à partir du 25 février en France, voici quelques arguments pour motiver les parents et/ou les cinéphiles animavores à courir dans les bonnes salles de cinéma, avec ou sans enfants, pour profiter de ce classique de l’animation hollywoodienne des années 90, finalement assez peu connu dans nos contrées.

1. Les adaptations cinématographiques des œuvres littéraires de Roald Dahl n’aboutissent pas systématiquement à de bons films. Parmi les relatives réussites, on peut citer Charlie et la chocolaterie (1971) et son remake de 2005 sur la direction de Tim Burton, Mathilda en 1996 réalisé par Danny DeVito, Fantastic Mr Fox de Wes Anderson en 2009 (la meilleure de toutes les adaptations animées, de mon point de vue) ou Un conte peut en cacher un autre de Jakob Schuh et Jan Lachauer en 2016 (deux téléfilms associés pour leur exploitation au cinéma).
James and the Giant Peach, sorti dans son pays d’origine en 1996, compte parmi ces remarquables transpositions sur grand écran.

Henry Selick, pendant le tournage de James et la pêche géante, dirigeant son acteur principal, Paul Terry

 

• Sorti en France en 1997, James et la pêche géante est le deuxième long métrage d’animation réalisé et coproduit par Henry Selick, dans le prolongement du succès planétaire de L’étrange Noël de Mr Jack, accouché dans la douleur quatre ans plus tôt. Cet excellent cinéaste et metteur en scène audacieux a été éclipsé – c’est un euphémisme – par la figure et l’aura médiatique de Tim Burton ; James lui permit d’accéder à la reconnaissance publique, au-delà des festivals et médias spécialisés. L’exploitation globale du film s’est traduit par un relatif échec commercial. Pas assez Halloween-compatible, sans doute… ;)

• Comme on le constate dans la bande-annonce de l’époque, Disney tentait alors de capitaliser sur ses investissements faramineux dans l’animation de ciné-marionnettes, registre auquel la firme a fini par renoncer, sauf rares exceptions ultérieures et pas franchement mémorables. Dans le clip promotionnel, le nom de Henry Selick n’est même pas cité, les furtifs cameos de Jack Skellington sont intégrés au montage promotionnel, ainsi que la musique emblématique de Danny Elfman « What’s this? », extraite du long métrage précédent de Selick. Et oui, on faisait ça !
Quoi qu’il en soit, James est, comme Mr Jack, produit par Tim Burton et par la talentueuse Denise DiNovi. La qualité du film s’en ressent.

L’une des très brèves apparitions de Jack Skellington, protagoniste principal
de The Nightmare Before Christmas / L’étrange Noël de Mr Jack, dans James et la pêche géante

 

• Contrairement à ce qui est indiqué sur le site de l’AFCA, l’un des rares organismes de promotion cinématographique à relayer en ce moment la ressortie du long métrage, ce dernier ne recoure que très anecdotiquement aux images de synthèse (« ordinateur 3D »). Ses premières et dernières séquences sont tournées en vues continues, avec acteurs, décors grandeur nature et maquettes ; les trois quarts du long métrage exposent des marionnettes à armature filmées image-par-image, ce que l’on appelle, pour aller vite, « stop-motion » ou, en bon français, « ciné-marionnette« .
Le parti pris de Selick, et de la production hollywoodienne dans son ensemble, en matière de long métrage animé de ciné-marionnettes peut être qualifié de « sur-animation ». C’est-à-dire une approche animationnelle basée sur un acting (jeu d’acteur des pantins) emphatique, grandiloquent, ostentatoire, calé sur le jeu des acteurices célèbres qui prêtent leur voix aux marionnettes. Cette sur-animation très coûteuse, matérialisée par la taille gigantesque des plateaux de tournages et ultérieurement poussée jusqu’à la surenchère au sein des studio Laïka (où Selick officiera par la suite), James et la pêche géante en est un peu épargnée. L’authenticité artisanale y est encore très nettement perceptible.

• La narration de James et la pêche géante est parfaitement maîtrisée. Elle applique à la lettre la recette de l’aventure initiatique aux relents dickensiens et teintée comédie musicale, incontournable ingrédient du cahier des charges des longs métrages disneyens des années 90. Autrement dit, on chante comme à Broadway pour faire avancer le récit. Ici sur des chansons bon enfants de Randy Newman, récemment remis en selle par le succès de Toy Story et imposé par Disney à Selick qui aurait préféré Elvis Costello ou Andy Partridge.
Le voyage fantastique du malheureux James est haletant, le spectateur ne s’ennuie jamais et tout fini bien.

 

 

 

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