Accessoire armure d’identité

Tout en saluant l’audacieuse affiche* de la prochaine édition du Festival national du film d’animation, organisé par l’Association Française du Cinéma d’Animation du 7 au 12 avril prochain à Rennes, je tiens à souligner ce qui, je crois, traduit les inflexions progressistes impulsées par sa nouvelle déléguée générale (total soutien, Isabelle !) et son équipe à l’esprit plus ouvert, pour sortir l’AFCA du conservatisme autocentré qui l’a longtemps caractérisée. Cette inflexion établit de concrètes passerelles de dialogue avec les registres de création « cousins » de l’image animée.
Cette 32e édition sera ainsi marquée par la thématique de l’adaptation de bandes dessinées et de jeux vidéo en objets filmés image-par-image. Ce positionnement s’inscrit opportunément dans le prolongement de la première édition, le 9 décembre dernier, du Ciné-club Animotion (réactivation de l’Animathèque) et en écho à la sortie imminente d’une publication transdisciplinaire que l’on n’espérait plus.

L’armure identitaire de l’entre-soi puriste du cinéma d’animation français se fend irréversiblement et c’est tout sauf accessoire.

 

* La création visuelle de cette affiche – à la dimension politique affirmée – a été conçue par l’iconoclaste réalisatrice Léahn Vivier-Chapas. Celle-ci justifie ainsi son choix d’un motif si ambivalent et saisissant (autre rupture dans la sage communication de l’AFCA, soit dit en passant) : « Je voulais rendre hommage à une figure qui a marqué et inspiré mon travail : Karaba la Sorcière [Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot – 1998]. Ici, tout part d’elle : ce sont ses mains qui font sa silhouette, composent son costume et imposent sa couronne. L’affiche met en avant cette idée qu’elle est entièrement en charge de la forme qu’elle donne à voir. Ses mains deviennent son accessoire autant que son armure et son identité. »

 


Addendum (14/01/2026)

En parlant d’affiche audacieuse, celle de l’imminent Paris International Animation Film Festival (PIAFF) se pose là.
Le féru de calligraphie zen que je suis y voit bien sûr immédiatement l’hommage appuyé à l’épure gestuelle du shodō ou à celle des grands maîtres chinois et de leurs disciples occidentaux, dont l’immense Fabienne Verdier.
L’autochtone normand que je demeure, cerné par les élevages de canassons depuis son enfance innocente, y discerne aussi une belle célébration de la vigueur de l’étalon reproducteur. ;)

Blague à part, la programmation du PIAFF est toujours aussi impressionnante d’exigence. Foncez-y, si vous supportez Paris !

 

 

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