Cinéma d’animation, histoire(s) d’une exception française

 

de Pascal Vimenet
Éditions Warm– 2026
432 pages
ISBN : 978-2-493524-16-4

 

Comment la production française de films d’animation est-elle arrivée à son état actuel ?
Dix ans après la publication de la thèse de Cécile Noesser, La résistible ascension du cinéma d’animation, qui constituait alors une première* réponse argumentée à cette question, sous la forme d’une « socio-genèse » panoramique de l’industrialisation du secteur professionnel national de l’image animée, l’écrivain-historien Pascal Vimenet propose à son tour un récit – élargi et actualisé – de l’Histoire du cinéma d’animation.
Organisé en cinq « blocs temporels » non-chronologiques, son examen critique érudit convoque beaucoup des petites graines – locales et exotiques – qui ont patiemment fertilisé le prolifique terreau de l’animation française, depuis sa longue gestation pré-cinématographique (dès le 17e siècle) jusqu’à l’ère numérico-cybernético-algorithmique contemporaine, de « la convergence des fantasmagories » (l’expression eut fait un excellent titre de livre !) à l’accomplissement des visions d’Ari Folman (Le Congrès, 2013).

 

* D’autres textes, plus fragmentaires existaient auparavant ça et là, dont celui de Jean-Luc Ballester (1997) mais jamais encore (à ma connaissance) de manière aussi globale et transversale.

 

Tango de Zbigniew Rybczyński (1980)

 

Quatrième de couverture :

« Premier examen critique d’une histoire du cinéma d’animation français, des « rêveries » de Leibniz (1695) aux balbutiements actuels de l’IA.

Creuset indéniable du cinéma, la France l’est aussi du cinéma d’animation. Dans ce récit tout à la fois chronique historique et analytique, Pascal Vimenet, témoin et acteur de premier plan de la période 1970-2025, nous entraîne dans un dédale où se déplient toutes les histoires du cinéma d’animation français.

Dans la fantasmagorie du monde qu’elles réfractent, dans les meurtrières qu’elles ménagent à la manière d’un zootrope, naît un continuum atomisé où s’entrechoquent l’Hypergonar de l’Exposition universelle de 1937, le Théâtre optique d’Émile Reynaud de 1888, la naissance des images numériques, les Journées internationales du court métrage de Tours des années 1950 ou le Plan Image de Jack Lang des années 1980.

Ce vagabondage apparent, nourri par des archives et des entretiens inédits, active progressivement une réflexion sur le rapport privé/État, systématiquement rapportée au rôle central des créateurs, qui renouvelle profondément le point de vue sur l’histoire du cinéma d’animation français et l’exception qu’il constitue. »

 

De gauche à droite : Georges Méliès, Léontina « Mimma » Indelli et Émile Cohl, en 1936

 

Sommaire (+ résumé à gros traits des sous-chapitres, à toutes fins utiles) :

Préface de Jack Lang

Introduction : Histoire(s) du cinéma d’animation

Chapitre 1 : Bureaucratie grise et humour noir (1945-1980)
• A rebrousse-temps
> où il est notamment question de la réception enthousiaste de La bergère et le ramoneur, première tentative d’industrie cinématographique de l’animation française dans la décennie d’après-guerre
• Vaches maigres et diaspora paradoxale
> les prouesses d’Alexandre Alexeieff, les productions de Jean Image, …
• Les Journées du cinéma et la « Venise de Tours »
> premier événement public d’envergure autour d’André Martin et Marcel Boschet
• Les JICA à Annecy, nouveauté mondiale
> préfiguration du futur festival international
• La concurrence n’est pas là où l’on croit
> Grimault remanie La bergère, films de Martin et Boschet, Javques Rouxel, Marcel Lapoujade
• La génération empêchée
> Walerian Borowczyk, René Laloux, Piotr Kamler, Peter Foldès

Chapitre 2 : L’ère plus qu’industrielle (1981-2025)
• Tangage
> Tango est-il un film d’animation ?
• Le temps des roses et de la Bête
> début de l’ère Mitterrand-Lang, préfiguration du Plan Image
• La naissance du Plan Image
> mise en route alambiquée du plan de relance du dessin animé français
• 1983, affinements, ajustements, mouvements
> convergence de forces vives (médias, diffuseurs, écoles)
• Le Plan Image en plein vol
> arrivée de Canal+, création du MIFA à Annecy, de France Animation, de France ordinateur, les productions Belokapi
• La fin du Plan Image ?
> co-habitation Mitterrand-Chirac, constats d’échecs, le point de bascule Kirikou
• Un nouvel espace européen au temps des nouvelles images
> renaissance ou véritable naissance de l’industrie du cinéma d’animation
• L’incertain XXIe siècle
> studios Folimage, La Fabrique, Xilam, épanouissement du modèle du long métrage animé prototypal

Cahier hors-texte : images rares pour plusieurs, inédites pour certaines

Chapitre 3 : Malice vs. milice – Les métamorphoses « ensanglotées » (1907-1945)
• Émile Cohl, le premier venu. Deuxième naissance
> début de carrière française
• Le virus fantasmagorique traverse l’Atlantique
> Cohl à Fort Lee, début de l’industrie étasunienne des dessins animés
• Une amnésie révélatrice
> naissance et « mort » de Zozor, retour de Cohl en France
• Les années de vache enragée
> Apogée de carrière de Cohl, Robert Lortac, studio O’Galop
• Le cinéma-frontière de Ladislas Starewitch
> arrivée en France de Starewitch et ancrage de ses ciné-marionnettes
• La bonne fée de 1937, temps suspendu
> effervescence artistique autour de l’exposition universelle, la fresque de Dufy, l’Hypergonar, Les Gémeaux
• Les nouveaux venus des années 1930
> Berthold Bartosch et L’idée, Anthony Gross, Hector Hoppin et La joie de vivre
• Basculement
> 1937, après le Front populaire, arrivée des heures sombres
• Le dessin animé français pendant la Seconde Guerre mondiale
> Occupation, résistances et collaborations

Chapitre 4 : Ah, ça ira, ça ira… (1659-1906)
• Le paradigme de Leibniz
> émergence de l’idée de projection animée au début du 17e siècle
• La thèse de doctorat d’État de Jack Lang
> « L’État et le théâtre », en faveur d’une politique culturelle en France
• Des lanternes magiques aux Fantasmagories
> de l’image projetée immobile à l’image projetée animée
• La Révolution et les Fantasmagories – Basculement du régime des images
> développement du spectacle de « spectres vivants et impalpables »
• La rencontre de l’abbé Moigno et d’Émile Reynaud
> autour de l’enseignement populaire par projections lumineuses
• Les cours, par projection lumineuses, du Puy-en-Velay
> mise en application par Reynaud, « banc d’essai » pour la suite
• L’invention du Praxinoscope
> phénakistiscope, zootrope et praxinoscope de Reynaud
• Exposition de 1889, la convergence des fantasmagories
> Thomas Edison, Etienne-Jules Marey et Emile Reynaud
• L’extraordinaire Théâtre optique, précurseur du Cinématographe
> acte de naissance du cinéma d’animation

Conclusion : Un nouveau spectre, l’IA
> cybernétique, numérique et intelligences artificielles, technologies fossoyeuses de l’image-par-image ?

Bibliographie

Remerciements

 


« La lanterne magique », gravure extraite de la série des Singeries
de Jean-Baptiste-Antoine Guélard, d’après Christophe II Huet (1741-42)

 

Illustration d’en-tête : extrait de 2016: My generation, vidéo-clip de Ludovic Houplain pour Mirwaïs (2019)

 

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