Comment j’ai perdu mon corps

 

Voici quelques explications illustrées concernant la technique d’animation utilisée pour le long métrage J’ai perdu mon corps.
En cherchant un peu sur l’Internet, comme sur le site Before & Afters par exemple, vous trouverez sans mal quelques séquences explicites montrant notamment le procédé de mise en mouvement automatisée et de retouches dessinées avec le même logiciel libre, Blender.
Récemment, le blog new-yorkais Cartoon Brew livrait quant à lui une série de courtes vidéos détaillant clairement les traitements successifs infligés aux plans du film, de leur état d’ébauche à leur état finalisé. Je vous en propose ci-dessous un rapide résumé.

 

Cette séquence se situe à la fin du premier quart d’heure du film. Une main coupée, échappée d’un laboratoire et rescapée de peu d’un broyage dans une benne à ordures, galope dans les rues de Paris by night. Avant de s’engouffrer dans le métro, elle croise un homme ivre.

• Le premier photogramme est extrait de l’animatique. Ce “brouillon du film” est constitué un montage minuté des cases du storyboard, scénario mis en images par Julien Bisaro avec l’aide du logiciel de dessins animés numériques, Flash.
• La deuxième image évoque la modélisation en trois dimensions, la maquette précise du plan (layout) et son animation. Ces trois étapes ont été réalisées avec le logiciel Blender.
L’apparence est simplifiée car il s’agit prioritairement d’obtenir une référence solide pour les mouvements complexes des personnages et autres objets mouvants. Ces mouvements enregistrés à une cadence de 24 images par seconde pourront être ensuite être ramenés à une cadence inférieure (12 i/s, voire moins) pour des raisons économiques ou esthétiques.
Beaucoup de spectateurs s’interrogent d’ailleurs sur certains mouvements jugés “saccadés” ou “moins fluides” dans plusieurs séquences du film.
Parallèlement, les artistes en charge de la conception des décors, fixes ou animés, ont utilisé ces plans rudimentaires pour élaborer leurs fonds avec Photoshop.
• La troisième image montre le même plans redessiné dans le logiciel d’animation, grâce à l’outil intégré Grease Pencil. Celui-ci permet de “décalquer” avec plusieurs types de tracés, fins ou bruts, des formes en trois dimensions pour obtenir des dessins animés d’apparence traditionnelle.
La dernière image est le plan finalisé rehaussé d’effets multiples (ajustement de luminosité, calibrage colorimétrique, flous, effets atmosphériques, …) grâce au logiciel de post-production After Effects.
La majorité des plans du long métrage de Jérémy Clapin ont été traités selon le même procédé.

 

Voici trois des quatre vidéos en question. La quatrième, montrant la séquence finalisée du film, est encore aujourd’hui (3/12) inaccessibles pour le publics français pour des raisons de droits.

 

 

 

Ci-dessous, quelques images de productions supplémentaires trouvées en ligne.
Elles sont toutes, a priori, soumises au copyright © Xilam Animation.
Je les intègre ici au nom du droit de citation et à des fins pédagogiques.
Si cela pose problème, qu’on me le dise et elles seront retirées.

 

 

 

 

 

 

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