Coup(s) de gueule ou coup d’épée dans l’eau ?

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Début juin 2013, je prenais part pour la première fois à une réunion de l’association caennaise ADADA, laquelle menait depuis le mois d’avril un formidable travail de lobbying pour lutter contre la non-politique culturelle de la municipalité de Caen, cristallisée dans le projet d’une « Fabrique culturelle suspecte à tous les étages ».
Outre, l’enfumage évident constaté pendant et suite aux concertations bidons lancées juste un an avant les élections municipales, je décelai immédiatement dans cette affaire l’une des conséquences directes de l’inculture généralisée – croissante depuis une bonne vingtaine d’années – des donneurs d’ordre dans les domaines de la culture, de la communication et de l’éducation (secteurs que je connais le mieux, puisque j’y exerce depuis un bail maintenant).

Alors, quand le site de Télérama a publié les articles suivants
« Graphistes en colère : pourquoi ils ne veulent plus fermer leur gueule »
« Graphistes en colère : le débat continue »
l’opportunité s’est imposée de mettre en évidence un sujet de société en apparence corporatiste mais pourtant emblématique de la démission du politique et de l’institutionnel face au néo-communicant. Ce Mal grandissant que je parvenais difficilement jusqu’ici à expliciter à mon entourage (proches, administrations, clients, publics), au sein duquel majoritaires sont ceux qui ne comprennent toujours pas les enjeux de ma profession à la fois « pluri » et « trans » disciplinaire.

L’affaire de l’affiche de la Fête de la Musique 2013, si elle est loin d’être inédite, symbolise merveilleusement bien un débat sociétal très actuel que je vous propose d’explorer, selon votre degré d’intérêt – que je vous souhaite élevé – pour les nuées d’images qui vous entourent.

Après avoir lu les articles de Télérama, vous pourrez vous reporter sur ces textes complémentaires, pour approfondir le sujet :
L’analyse de l’affiche, par Geoffrey Dorne, sur son blog
Le « texte-manifeste » de Vincent Perrotet
Une lettre de refus envoyée au ministaire de la Kultur et de la communiqation

A la rigueur, regardez juste l’infographie suivante, pour vous faire une rapide idée du problème. Ce schéma possède le remarquable mérite de synthétiser, en une image compréhensible par tous (et en cela d’illustrer ce qu’est le rôle d’un graphiste, soit dit en passant) le fond du débat.

Il paraîtrait – j’insiste sur le conditionnel – que d’autres professions subissent aussi la même logique de « rationalisation ». Mais cette hypothèse semble farfelue car, si c’était le cas, nous serions sévèrement englués dans une crise socio-économique profonde et durable.

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