
« De Masereel à Bartosch – Une œuvre en mouvement »
sous la direction de Sébastien Denis
Éditions de l’Œil – 2026
352 pages
ISBN : 978-2-35137-395-8
Parution le 27 janvier 2026

La sortie de cet ouvrage augmenté, collégial et inter-générationnel, est un événement.
Le chef-d’œuvre de Berthold Bartosch y est décortiqué sous tous ses aspects – trans-médiatique, esthétique, technique, mémoriel… Et les vidéos qui complètent ce recueil superbement édité offrent un accès privilégié à la puissance visuelle et politique de l’animation, lorsqu’elle est mue – si rarement – par d’autres considérations que le seul divertissement populaire.
D’ailleurs, en visionnant les versions restaurées de L’idée, classique du cinéma que je croyais pourtant bien connaître, j’ai immédiatement songé au documentaire consacré aux traumatismes de Derf Backderf (récemment chroniqué dans DeA). Le souvenir m’est revenu que l’étudiant en école d’art Berthold Bartosch avait pour condisciple, à Vienne, un certain Adolf Hitler.
« […] avec sa façon nouvelle de raconter des histoires avec des images imprimées, Masereel m’apparaît surtout comme un précurseur de la bande dessinée.
Idée, c’est de la bande dessinée politique : un récit engagé en images où ce qui compte le plus, c’est l’histoire. Le film de Bartosch, en augmentant la visibilité de l’œuvre de Masereel, prolonge cet esprit et en amplifie la portée. » (Theodore Ushev)


Texte de 4e de couverture :
« Ce livre-DVD explore l’histoire de l’un des chefs-d’œuvre du cinéma d’animation (et au-delà, du cinéma), L’Idée (1934) de Berthold Bartosch, dans la relation complexe que ce film entretient avec une autre pièce maîtresse, cette fois de l’édition graphique, qu’adapte le cinéaste : Idée (1920) de Frans Masereel.
Même s’il est bien moins connu que d’autres animateurs, réalisateurs ou producteurs comme Walt Disney, les frères Fleischer ou Norman McLaren, Berthold Bartosch est pourtant un modèle pour de nombreux maîtres de l’animation, d’Alexandre Alexeïeff et Claire Parker (qui lui rendent hommage à sa mort) à Theodore Ushev en passant par Jacques Colombat.
L’Idée, film totalement hors-normes, est sans doute l’une des premières tentatives visant à donner à voir non seulement une propagande, mais une idée sérieuse à travers une forme lente et un traitement visuel atmosphérique, loin de l’hystérie gaguesque et de la stricte planéité du cartoon.
La restauration du film par le Centre national du cinéma et de l’image animée permet une véritable redécouverte du film en lui redonnant toute sa puissance à la fois formelle et politique, alors qu’il n’en existait depuis des dizaines d’années que des copies de très faible qualité.
À cette occasion, il a été découvert qu’il y avait en fait non pas une seule version, mais trois différentes (française, anglaise et suisse) et si les différences semblent minimes, on découvre que certains éléments absents de la version française sont importants pour comprendre la portée politique du film.
Les trois versions sont présentées sur le DVD accompagnant le livre qui, lui, présente une extraordinaire iconographie composée des éléments créés par Bartosch pour la réalisation. »

Sommaire :
Portrait photographique de Berthold Bartosch
Reproduction des cartons du générique d’ouverture de la copie française du film
Partie 1 – Introduction(s)
1. Du fixe à l’animé, un cinéma de l’absolu
par Sébastien Denis
2. Présentation de Berthold Bartosch
par Raymond Maillet (daté approximativement du début des années 1980)
3. A propos du fonds « Bartosch » de l’AFCA, conservé au musée-château d’Annecy
par Jeane Frommer et Yaël Ben Nun
4. La fabrique de la restauration de L’idée
par Jean-Baptiste Garnero
Partie 2 – Du papier au celluloïd
5. L’image silencieuse comme parole engagée
par Bertrand Tillier
> Reproduction réduite de l’intégralité des planches xylographiées (gravure sur bois) du « roman graphique sans paroles » de Frans Masereel
6. Au devant des noirs d’encre d’Idée, la grisaille de L »idée. Bartosch face à Masereel – Prises de position
par Ève Tayac
7. Travail, politique et conflit d’auctorialité* dans l’adaptation d’Idée (1920) vers L’idée (1934)
par Sébastien Denis
[* désignation du véritable créateur d’une œuvre, ndr]
Partie 3 – Fabrique et esthétique de L’idée
8. Berthold Bartosch, sculpteur de pellicule
par François Darrasse
> archéologie de la méthode de filmage et d’éclairage de L’idée, ndr.
9. L’idée de Bartosch : esthétique du banc-titre – Poétique de la lumière
par Serge Verny
10. Images en mouvement, musique en images : la partition de L’idée par Arthur Honegger
par Jacques Tchamkerten
11. Alexeïeff-Parker Bartosch : l’émulation créatrice
par Jean-Baptiste Garnero
Partie 4 – De L’idée à Saint François : des films dans l’histoire
12. Idées fixes, images animées. Production et réception d’un film paradoxal
par Sébastien Denis
13. Saint François, une seconde Idée ?
par Sébastien Denis
14. Ébauche de scénario d’un film à trucs qui sera réalisé par Bertold {sic] Bartosch, 1934
Reproduction des notes d’Eric W. White (mars 1934)
> notes d’intention pour un film jamais réalisé, inspiré en partie par les tableaux de Jérôme Bosch
Conclusion’s)
15. Berthold Bartosh [sic] immobile, 1959
par André Martin
[Reproduction du texte tapuscrit, ndr]
16. Puissances de L’idée
Conversation entre Theodore Ushev et Xavier Kawa-Topor (2024, Meknès)
Reproduction des cartons du générique d’ouverture de la copie suisse du film
Reproduction des cartons du générique d’ouverture de la copie anglaise du film
Contenus du DVD :
• L’idée (copie française)
• L’idée (copie anglaise)
• L’idée (copie suisse)
• Fragments d’œuvres de Berthold Bartosch :
– Plans inédits de L’idée
– Plans et séquences du film disparu Saint François – Rêves et cauchemars
– Plans inédits de Cosmos (titre incertain)
• Bonus : extrait du reportage documentaire « Les mains de Paris » (1934) consacré à Frans Masereel au travail

Images d’illustration :
• En-tête :
• Décomposition des niveaux et des différentes expositions (filmage, impressions de la pellicule) d’un même plan.
Non seulement un seul et même plan est composé de multiples éléments séparés et répartis sur plusieurs niveaux mais, faute d’un éclairage (au-dessus de l’ensemble des plaques de verre superposées) et rétro-éclairage (sous la dernière plaque de verre)
• Berthold Bartosch au travail (collection AFCA) sous son dispositif de filmage multi-niveaux (ou établi multiplan) permettant la superposition sur plaques de verre de différents éléments constitutifs d’un même plan (arrière-plans, personnages animés, overlays/éléments de premier plan, couches savonneuse pour créer les effets de flou, etc.), chaque vue « photographiée » doit l’être plusieurs pour obtenir les effets lumineux désirés.
Ce dispositif a été utilisé dès les années 20 par la pionnière de l’animation, Lotte Reiniger, avec laquelle Berthold Bartosch a collaboré sur le long métrage Les aventures du Prince Achmed(1926).
En 1941, Walt Disney déposera le brevet d’une caméra « multiplane » très amélioré.

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