Les splendeurs de la nature

maya_bee_penis01

 

Depuis l’alerte lancée par une certaine Chey Robinson le 12 septembre sur les réseaux sociaux états-uniens, l’affaire a fait le buzz médiatique dans tout le monde civilisé. C’est-à-dire, partout où il est de bon ton de ramollir le cerveau des enfants dès le réveil à coup de publicités criardes entre deux séries télévisées animées.
Les faits : la société Netflix a choisi d’inscrire dans son offre-catalogue la première saison de la nouvelle série « Maya l’abeille » (produite entre 2010 et 2012), soit 78 épisodes de 13 minutes chacun, ciblant la tranche des 5/7 ans.
A la 5e minute de l’épisode 35, l’espiègle et anti-conformiste héroïne intergénérationnelle* entre dans le cadre en sortant d’un arbre creux.
Et, en dépit de ce que nous rappelle le pitch officiel de la série, à savoir que « les splendeurs de la nature sont pour [Maya] un enchantement sans fin « , l’innocente abeille dépasse une remarquable gravure pariétale sans y prêter la moindre attention. Selon toute vraisemblance, son âge mental – entre 5 et 7 ans donc – pourrait expliquer son ignorance de la signification de cette représentation iconique. Hypothèse d’autant plus plausible que les statistiques occidentales attestent clairement que le premier contact des enfants avec la pornographie se produit majoritairement seulement à partir de 9/10 ans. 16% des enfants français, pour ne citer qu’eux, y échapperaient avant l’âge de 8 ans (chiffres de 2015).

Sus au phallus dans le cocon des cases « jeunesse » !
Studio 100, multinationale européenne dont l’unité de production « Studio 100 Animation SAS » est basée à Paris, s’est confondue en excuses par un communiqué « consterné » annonçant des poursuites judiciaires contre les responsables parmi les 150 salariés de l’équipe. Aux sections « décors », « textures », « vérification des plans » et « réalisation » ont a chaud aux fesses car c’est toute la réputation du groupe qui est fragilisée par le graffiti potache. Pensez, même la médiocrité de ses reboots fabriqués à la chaîne en massacrant le character design**, la mise en scène et la narration des séries germano-japonaises de dessins animés d’origine (coproduites dans les années 70 et 80) que ces réactualisations en images de synthèse tentent de copier maladroitement, n’avait jusqu’ici choqué aucun téléspectateur, aucun acheteur, aucun programmateur de chaîne, aucun comité de surveillance.

Mais ce qui demeure le plus gênant dans ce malencontreux non-événement, c’est que depuis 2012 et la diffusion internationale*** de la saison 1 de « Maya l’abeille », il ait fallu attendre septembre 2017 pour qu’une téléspectatrice outre-Atlantique – sans doute LA fameuse « ménagère de moins de cinquante ans » qu’on croyait disparu avec le siècle précédent – détecte la présence de cette anomalie et s’en offusque médiatiquement.

Adressons aujourd’hui notre plus sincère gratitude aux coupables de ce canular pour avoir surligner involontairement ce que les rares observateurs sérieux du paysage audiovisuel constatent avec autant d’effarement que d’impuissance depuis des lustres : nous nous fichons pas mal des contenus diffusés à nos enfants sur les chaînes de télévision, et, qui plus est maintenant, sur l’Internet.
Et, franchement, il n’y a vraiment pas de quoi être fier.

 

maya_bee_penis02

* Œuvre créée en 1912 par l’écrivain allemand Waldemar Bonsels.
** Heidi ! Bon sang ! Même Heidi ?! Mais qu’ont-ils fait à Heidi !! Ces gens-là n’ont-ils aucun sens moral !?
*** La saison 1 de « Maya l’abeille » a été diffusée et rediffusée notamment sur TF1, Tiji, Gulli et ZDF (Allemagne). Sans parler de sa consommation en ligne et en DVD.

 

 

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

anima