
Titre original : トップをねらえ!(Top wo nerae ! / Visez le sommet !)
Série de 6 épisodes de 25′ env.
1988 – Japon
Réalisation : Hideaki ANNO
Production : Studio Gainax, Bandaï Visual, Victor Entertainment

Cette série feuilletonnante, exclusivement sortie pour le marché de la vidéo (OAV), est assez peu connue des publics français, malgré la réputation de son réalisateur (objet d’un véritable culte au Japon), coupable quelques années plus tôt de la formidable « Nadia et le secret de l’Eau bleue » (diffusée au début des années 90 à la télévision française en version doublée) et quelques années plus tard de son plus glorieux fait d’armes « Neon Genesis Evangelion ».
Gunbuster a certes un peu vieilli mais elle demeure un incontournable standard du space opera animé, dans la lignée des Macross et autres franchises mêlant combats spatiaux, robots géants et romances intergalactiques. Toutefois, deux singularités distinguent la série et en font, à mon humble avis, son principal motif d’intérêt.
La représentation des corps féminins, malicieusement érotisés et montrés parfois intégralement nus, est de prime abord on ne peut plus racoleuse. Elle traduit néanmoins une dimension féministe aussi évidente que rare dans l’animation japonaise de l’époque. Anno est un disciple (indiscipliné) de Hayao Miyazaki et cela se ressent dans le rôle central et éminemment actif des personnages féminins, omniprésents et seuls moteurs de l’action. Les personnages masculins sont unanimement relégués au second plan, malgré leur caractère patriarcal parfaitement stéréotypé.
De surcroît, en filigrane d’un récit aux ressorts peu originaux (des méchants monstres extra-terrestres menacent la Terre et seront vaincus par des robots transformistes monumentaux, issus du génie humain) est traité la question existentielle, et ici déchirante, de la distanciation temporelle sur-humaine provoquée par les voyages dans l’hyper-espace. Lorsque Noriko Takaya effectue sa première mission dans ces conditions, les quelques minutes qui s’écoulent pour cette adolescente correspondent à plusieurs mois pour ses amies restées sur Terre. Un peu plus tard, une mission de quelques jours l’éloigne de ses proches de plusieurs dizaines d’années. Quant à l’apothéose finale, elle ramènera sur Terre les deux héroïnes devenues adultes plusieurs milliers d’années plus tard.
Comment seront-elles accueillies par les terriens ?

Les épisodes :
1. Incroyable ! Amano et moi sommes pilotes
2. Le défi d’une fille géniale
3. Premier amour, première sortie
4. L’arme ultime inachevée
5. S’il vous plaît, laissez un peu de temps à l’amour
6. Au bout de l’infini…
En bonus, six « pastilles » pédagogico-scientifiques associées à chaque épisode, durant lesquels les deux héroïnes et leur coach explique en mode « super deformed » des grandes théories de l’astrophysique.

Diebuster [Addendum 2024]
Pour célébrer les 20 ans du studio Gainax, ce dernier a produit une seconde mini-série de six épisodes.
Réalisée entre 2004 et 2006, Diebuster reprend une bonne partie des motifs narratifs de Gunbuster, transposés dans une période située avant la fin de la série initiale.
Le design des personnages est un peu différent. A certains égards il se rapproche de celui d’Evangelion, à d’autres il flirte avec le grotesque de Fooly Cooly.
Le récit est assez confus. Ses enjeux semblent avoir été réajustés en cours de route pour boucler l’histoire originelle avec le retour sur Terre de Noriko et Kazumi.
Pour les fans, on a poussé un peu plus loin la sexualisation des deux héroïnes, anthropomorphisé un peu plus les robots géants, repris les « science lessons » en bonus.
Le tout reste une série de très haut niveau, audacieuse dans sa mise en scène, qui ne se prend jamais au sérieux, dans laquelle les femmes sauvent de nouveau le monde tandis que les vieux mâles dominants les regardent par écrans interposés se débattre et se battre à coup de planètes. Si, si, il faut le voir pour le croire !






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