Half a century

 

Voilà un demi-siècle, jour pour jour, que le premier album des Ramones est sorti !
Il est entré dans mes oreilles en 1990.
Le batteur de mon premier groupe était fan du quatuor new-yorkais et nous a convaincu sans trop d’efforts d’en reprendre un morceau.
Ce fut d’abord Blitzkrieg Bop puis, un an plus tard, Havana Affair.

J’ai alors puisé dans le peu d’économies qui me restaient. Je me suis rendu chez le seul disquaire indépendant de mon patelin. Par chance, il en avait un exemplaire en cassette audio.
Celle-ci est allée directement dans mon walkman. 14 titres, 29 minutes. A peine le temps de la moitié du chemin pour rentrer à pied chez moi.
Je n’ai ni aimé, ni détesté. J’ai surtout bien rigolé.

Facile à jouer, facile à chanter. C’est ce que nous croyions.
En tant que guitariste, j’ai vite compris (surtout mon poignet droit) où se situait le piège.
Finalement, nos reprises se tenaient et ancraient notre style – indéfini – dans la sauvagerie et la rebellion joyeuse.

J’aurais parié que cette cassette était devenue inécoutable en 2026. La bande tient toujours. Un miracle.
Je m’apprête à transmettre cet objet de valeur affective à un être cher qui adorait l’écouter lorsqu’il avait 8 ans.
Et songeant à cette attirance spontanée pour des sonorités auxquelles ce dernier n’avait jamais été préparé, je ne suis pas loin de penser que la quintessence de la musique des Ramones, et de cet album en particulier, synthétise, à tous points de vue, la fougue décomplexée de la pré-adolescence.
Ceci explique peut-être pourquoi je reviens régulièrement avec plaisir à ce classique.

 

anima