Horror Humanum Est

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Août, c’est bien connu, est un mois chargé en commémorations de tueries de masse. Entre celle de la Saint-Barthélémy (1572, France) ou celle de Lachine (1689, Canada), entre celle de Lawrence (1863, États-Unis) ou celle de Tamines (1914, Belgique), celle de Coniston (1928, Australie) ou celle du « Couloir-de-la-Mort-dont-je-vois-l’étendue-de-ma-fenêtre » (1944, France), sans oublier celles de la Ghouta (2013, Est de Damas) ou de Sinjâr (2014, Irak), on a que l’embarras du choix.
Galvanisé par cet inventaire par ailleurs non-exhaustif, je me suis octroyé voilà peu une séance de binge watching de la web série de Cédric Villain « Horror Humanum Est ». Laquelle relate, sous la forme de courts épisodes à l’esthétique pictographique et à la tonalité ironique, quelques mémorables « échantillons de la créativité humaine » en matière de destruction organisée du vivant.
En dépit de sa thématique terrifiante, cette série se consomme avec plaisir car elle ridiculise l’humanité belliqueuse tout en véhiculant (contrairement à ce que pourrait laisser croire l’hyper-médiatisation de l’ultra-violence banalisée) un message paradoxalement positif : « la barbarie a nettement régressée sur la planète depuis que l’homme existe ».

Outre le visionnage de la vingtaine d’épisodes déjà produits, accessibles notamment sur le site officiel de « H2E », j’invite vivement les plus concernés d’entre vous par l’économie de l’animation et par les nouvelles formes de financement/diffusion de la création audiovisuelle, à prendre connaissance, d’une part, des intentions de Cédric Villain quant à la suite de sa série, et à visionner, d’autre part, sa conférence sur l’autoproduction et la diffusion de la série, donnée avril 2017 dans le cadre de Duik 16 (Lille).
Ça va mieux en le disant, le chemin restant à parcourir avant que la web série, en tant que format, trouve un modèle économique viable, est encore long et semé d’embuches.

Sur le fond, « H2E » me semble aussi un contre-argument formidable à opposer à la sous-exploitation volontaire de la matière première historique dans le registre du cinéma animé, qu’il soit unitaire ou sériel, auto-conclusif ou feuilletonnant. Dans ce champ de création où la fiction et le documentaire jouissent pourtant de conditions idéales d’émulation, presque tout reste à inventer.
Certes, l’Histoire est une science relative, aisément manipulable à des fins de propagande, et les diffuseurs, majoritairement subordonnés à leur régie publicitaire, marchent sur des œufs contaminés au Fipronil. Mais traitée avec intelligence et objectivité (c’est bien là le principal défi), la reconstitution du passé se révèle un vivier d’aventures humaines, individuelles ou collectives, inépuisable et universellement appréciable.
A défaut d’aventures, « Horror Humanum Est » nous offre des « anecdotes », souvent oubliées voire ignorées des manuels, et cela constitue déjà un salutaire dépoussiérage mémoriel.

 

> La page Tipee (micro-financement) pour soutenir la série

 

Titres des épisodes produits (août 2017)

#1 Canonnade de Cipaye
#2 Le parricide Damiens
#3 Ectopistes migratorius
#4 Le Grand Bond en avant
#5 Les grottes de Dahra
#6 Animaux du cirque
#7 Saint Barthélémy
#8 Éléphants tueurs
#9 L’eau du Zong
#10 Le siège de La Rochelle
#11 Porcs blancs et coupe-papier
#12 Les petites main du caoutchouc
#13 Le jugement de Dieu
#14 Pal
#15 Naître fille
#16 Fluide divin
#17 Ouaf, Boing, Boum
#18 Khmers rouges
#19 Des tas de cailloux
#20 Le sac de Nankin

 

 

 

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