Il était une chaise (et autres disparitions)

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Méticuleusement, le plasticien français Simon Gerbaud fait disparaître et réapparaître des objets sans intérêt. Ces tours de prestidigitation, conçus dans le cadre de l’exposition “Saver” (Casa de Francia, Mexico), font appel au procédé original de l’image-par-image. Rendez-vous compte, il ponce/scie/meule un minuscule bout de l’objet, il prend une photo et il recommence jusqu’à 900 fois selon l’effet souhaité. C’est d’autant plus formidable qu’ensuite il lui suffit de lire toutes ses photographies les unes après les autres pour voir s’effacer, qui un ordinateur portable, qui un réfrigérateur, qui un dinosaure en plâtre. Mieux, le gars a élaboré un dispositif de détection de mouvements permettant au spectateur d’interagir avec ces animations projetées. Et voilà comment une création obsessionnelle devient un gadget ludo-pédagogique de l’impermanence (voire de l’obsolescence), érigé en œuvre d’art contemporain.

Certes, le Visible Human Project, entrepris entre 1989 et 1995 par la National Library of Medecine (Bethesda, Maryland, USA) à partir de cadavres humains, constituait de mon strict point de vue un sondage de l’intimité usuelle autrement plus fascinant, mais, que voulez-vous, le dérisoire a pris le pas sur le fondamental. C’est comme ça. Il faut s’y faire.

Parallèlement, un autre projet de Simon Gerbaud s’inscrit dans le cadre du concept de relecture de l’espace urbain “Ciudad Intervenida” (Cité capturée), lequel a permis à 6 studios/artistes/collectifs d’artistes, d’investir grâce à l’image-par-image des lieux emblématiques de la capitale mexicaine. Liber construit autour du site de la Bibliothèque Vasconcelos (Bibliothèque nationale, à Mexico) interroge littéralement les fonctions sociales de l’immense mausolée de savoir à travers l’objet-livre lui-même. De superbes plans montrent d’ailleurs les personnels de la bibliothèque enchaînant les mots-valises par l’œilleton d’un livre troué.

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> le site web de Simon Gerbaud
> quelques vidéos du projet Ciudad Intervenido

Et pendant que vous y êtes, jetez donc un œil aux dessins animés macabres vidéo-projetés sur les pierres tombales (tentez donc un truc pareil en France, pour voir !) : Panteon de dolores / Santolo du collectif Llamarada

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