Ils l’ont fait ! … Les fous ! Ils l’ont fait ! *

 

Plus de 18 mètres de haut, des dizaines de tonnes actionnées électro-mécaniquement, le robot géant du port de Yokohama a commencé à bouger, après plusieurs mois d’assemblage et de tests divers.
Mais attention, ce n’est pas n’importe quel robot ! Il s’agit du RX-78-2 Gundam de la célèbre série animée “Mobile Suit Gundam“, réalisée en 1979, devenue avec les années une franchise déclinée à toutes les sauces et emblème tape-à-l’œil (c’est le moins que l’on puisse dire) de la culture populaire japonaise moderne.
Cette machine, totalement sidérante quand on pense à ce qu’elle véhicule de technologies et d’ironie, sera l’attraction principale – et le totem publicitaire le plus efficace du monde – du parc d’attraction Gundam Factory Yokohama, dédié aux robots humanoïdes et probable antichambre d’expériences innovantes d’ingénierie robotique qui rapprocheront toujours plus le Japon, et le monde dans son sillage, au mieux de l’uncanny valley généralisée, au pire du futur prophétisé par les plus pessimistes auteurs de science-fiction.

L’événement n’est pas que la manifestation d’une quelconque techno-croyance mégalomaniaque. La société japonaise moderne, plus que toute autre, assimile avec une facilité déconcertante les figures les plus récentes de sa culture populaire, majoritairement issues du divertissement de masses (manga, films et séries de genre, dessins animés). Ce phénomène découle d’un goût historique ancestrale, et entretenu sans rupture, pour l’imaginaire fantastique et ses traductions fictionnelles. Contrairement à la plupart des sociétés occidentales (à l’exception notable des États-Unis, dans une moindre mesure), le patrimoine culturel japonais contemporain demeure sous l’influence naturelle et permanente de son folklore, peuplé d’esprits, de monstres mutants et de robots de toutes tailles.

Avant de devenir peut-être un jour de véritables armes, protectrices ou destructrices, les icônes robotisées de la pop culture japonaise (Astro Boy, Grendizer, Gundam, Macross, Patlabor, Evangelion, …) constituent un arsenal sur-puissant en matière de soft power et de rayonnement international.
Ne disposons-nous pas en France d’un folklore au moins aussi riche ?

 

Plusieurs vidéos du Gudam en mouvement sont disponibles sur cette page TWTR, par exemple.
* Réplique prononcée par l’acteur américain Charlton Heston, à la fin du long métrage de Franklin Schaffner, La planète des singes (1968).

 

 

anima