“Je partage donc je suis”

innovation_loneliness

Le jeune designer Shimi Cohen a réalisé pour son projet de fin d’études au Shenkar College of Engineering and Design de Ramat Gan (Israël) un superbe film d’animation didactique  pour montrer la corrélation entre l’audience record des réseaux sociaux et l’accroissement spectaculaire du sentiment de profonde solitude chez les populations les plus exposées aux “substituts relationnels”.

S’inspirant de l’essai de la psychologue du MIT Sherry Turkle “Alone together” (Seuls ensemble), que l’on pourrait considérer comme l’un des multiples prolongements sérieux de “La fabrique du consentement” d’un autre penseur célèbre du centre de recherche de Boston, Cohen synthétise un discours souvent nié en bloc par les post-adolescents – plus ou moins âgés – qui composent l’écrasante majorité des « publieurs » de contenus prétendus “sociabilisants” de l’Internet 2.0.
On comprendra donc, en moins de 4’30, pourquoi les effets des réseaux sociaux, déjà si dévastateurs sur la santé mentale de ces adultes présupposés, s’avéreront à court terme un fléau pour les générations suivantes. En effet, le “Partager pour exister” devenant le parangon de la servitude volontaire adoptée en masse pour un vain espoir de renommée par le corps social nord-occidental pétri d’individualisme aux dépens de son intimité (ultime espace de liberté individuelle), l’homo sapiens sapiens, fier de ses amitiés factices, peut désormais renoncer au plaisir de la conversation argumentée, de la communion de pensée, des aléas de l’échange physique, il peut démissionner de la vie, en somme.
C’est pathétique mais pas irréversible.

> The innovation of loneliness

Enregistrer

anima