Un film de Takahide Hori (Yamiken)
Titre original : idem
Année de sortie : 2025
Origine(s) : Japon
Tout ça pour ça II

Commentaires à chaud :
Dix ans après Junk Head, apparu dans le paysage cinématographique mondial comme un ovni très sur-évalué, Takahide HORI, incontestable bricoleur obsessionnel à l’imaginaire débordant, revient avec le luxueux prequel au périple finalement assez vain du robot Robin dans le monde post-apocalyptique, souterrain et peuplé de mutants hybridés, où il a échoué 1 042 ans plus tard.
Junk World nous impose cette fois un récit étiré sur 1h44 (le double, en ressenti), segmentés en trois actes anti-chronologiques qui ne racontent pas grand chose d’autre qu’une suite désorganisée de péripéties cybernético-horrifico-poussivement-comiques dont l’issue – après générique de fin et montage d’extraits de making of – reboucle avec le début de Junk Head. Pffff.
Cette fois, moyens humains et budgets conséquents aidant, ça parle beaucoup mais pour ne rien dire. Et l’animation des dialogues, à renfort de secousses de tête systématiques, finit de convaincre que le passage au parlant n’était pas forcément une bonne idée.
La prouesse technique et la facture visuelle très élaborée du film cachent laborieusement un scénario (involontairement ?) caricatural, truffé de clins d’œils (au premier Star Wars, au Mad God de Phil Tippet et même au Gandahar de René Laloux) et une mise en scène sans originalité, qui flirte assez souvent avec le Nanar. Je pense notamment à la scène, dans le premier acte, où l’un des mutants alliés suce le poison dans le cou de l’unique protagoniste féminine au son d’un saxophone langoureux et de gémissements explicites. S’il s’agit de second degré (j’ai un très gros doute), l’effet tombe à plat et alourdit la longue liste de moments suspects qui jalonnent de bout en bout le long métrage.
Ajoutons les constants problèmes de rythme qui anéantissent les moindres débuts de commencement d’émotion, les innombrables ralentis de suspension de l’action, les explosions sanguinolentes gratuites (elles aussi ralenties, au secours !), et last but not least la non moins gratuite séquence de dégustation des testicules arrachés avec jubilation d’un sexe masculin momifié en érection. Laquelle achève de marquer Junk World (littéralement « Monde de déchets* ») d’une estampille regrettable et probablement durable « Heureusement, le ridicule ne tue pas ! »
The Last Dinner parties
* On pourrait aussi traduite le titre du film par « Monde de camelote » mais on ne le fera pas.






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