La révolte des crayons

 

Bien qu’elle n’évoque pas le sujet (parce que finalisée en décembre 2025), la web-série écrite, animée, montée et réalisée par Maiana Bidegain tombe à point nommé pour éclairer la désastreuse conjoncture qui a conduit à l’annulation récente du Festival International de la Bande Décimée d’Angoulême. Si la gestion douteuse de l’organisation de l’événement a pu constituer la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, nul doute que la mobilisation des auteurices-artistes français·es, contre la constante dégradation de leurs conditions d’existence (et d’exercice professionnel) et l’inertie des pouvoirs publics, ont contribué au résultat que l’on sait. Ainsi, l’évidence saute peut-être un peu plus aux yeux et aux oreilles désintéressés : sans ces créateurices – c’est-à-dire sans partage équitable de la valeur de leur besogne réelle et non-artificielle – pas de diffusion, pas de commerce, pas de retombées économiques, pas d’héritages culturels (pourvoyeurs de réputation territoriale / soft power), pas de tourisme qui en dépend, etc.

La révolte des crayons raconte en six épisodes de durée variable l’histoire de la lutte sociale entamée en 2020 pour enrayer la précarité systémique que subit une majorité de professionnel·les de la BD, secteur essentiel s’il en est des Industries Culturelles et Créatives.
Accessoirement, l
es arguments et enjeux de ce combat sociétal dépassent le strict domaine du 9e art.

anima