Le cochon, le renard et le moulin

 

 

Série de 10 épisodes de 4’30 mn environ
Titre original : Pig: A Dam Keeper Poems
2017 – États-Unis
Réalisation : Erick Oh
D’après de Robert Kondo et Dice Tsutsumi
Production : Tonko House
> Plusieurs vidéos de making of de la série

 

L’univers ambivalent créé en 2014 par le duo américano-japonais formé par Robert Kondo et Dice Tsutsumi est devenu en quelques années une véritable franchise.
Fort de sa nomination à l’Oscar en 2015, le succès du court métrage The Dam Keeper a propulsé les deux comparses et leur studio sur le devant de la scène internationale.
En 2017, une mini-série d’une dizaine d’épisodes a été produite, sous un titre que l’on pourrait traduire par « Cochon : les poèmes du Veilleur des brumes », à destination du très jeune public japonais. La série est le prequel du court métrage initial ; elle évoque par touches impressionnistes la petite enfance du personnage principal.
En 2019, l’ensemble de ces dix petits chapitres, unies par un même fil conducteur sensiblement déroutant, a fait l’objet d’un programme de 50 minutes distribué en salles de cinéma.
Aujourd’hui, ce programme rejoint le catalogue du dispositif d’éducation à l’image « Maternelle au cinéma« , ce qui lui vaut d’être référencé désormais dans « Desseins animés ».

La série développe un récit sans dialogues qui place d’emblée le spectateur face à une sombre réalité. Un petit cochon est abandonné au pied d’un petit moulin à vent par son père parti faire on ne sait quoi en contre-bas de la colline plongé dans un épais nuage noir. A mesure que les saisons passent, le porcelet grandit et apprend à vivre seul, à faire société avec les différentes créatures qui l’entourent, à accepter sa solitude, constamment menacée par le ténébreux brouillard toxique face auquel le barrage (dam, en anglais) éolien s’impose comme l’unique rempart.
La prouesse de cette série – et globalement du concept « Dam Keeper » – réside dans le fragile équilibre narratif entre la chronique initiatique, empreinte d’insouciance et de poésie mélancolique, et la fable écologique porteuse d’espoir. Ce conte funambulesque constitue ainsi une habile métaphore de l’éco-anxiété contemporaine et universelle, dans la mesure où le monde coloré et apparemment désinvolte des animaux rondouillards auprès desquels évolue le petit cochon semble déconsidérer une pollution mortelle pour le vivant, subie avec un relatif fatalisme mais un tant soit peu contrôlable grâce à la science et au génie technique des « veilleur des brumes ». On saisit bien l’analogie politique.
En dépit de cette toile de fond en apparence plombante, la série ne traumatise pas, elle éveille en douceur les futures sentinelles humaines à ce qui les attend, en évitant brillamment le piège facile de l’infantilisation nunuche. Ici, nulle victoire finale par un coup de baguette magique !
Mieux, cette suite de brefs poèmes distille un humour absurde – un rareté dans l’animation pour les enfants – du plus bel effet.

 

 

 

Les épisodes :

1# Fleur jaune (Yellow Flower)
2# Bonjour et ravi de faire ta connaissance (Nice to Meet You)
3# Des copains désagréables (Hooligans)
4# A table ! (Today’s Lunch)
5# Jour d’été (Splashing About)
6# Le nuage noir (Dark Clouds)
7# Conte en tire-bouchon (Tale of the Tail)
8# Le rêve noir derrière le masque (The Mask)
9# Tiens ma main (Hand in Hand)
10# Le veilleur des brumes (Dam Keeper)

 

 

anima