Un film de Louis Clichy
Année de sortie : 2026
Origine(s) : France
Sortie française le 14 octobre 2026
Où l’enfance vacille.
Le film de Louis Clichy est généreux en plans magnifiques. Celui-ci est l’un des plus réussis.
Réactions à chaud
Remarquablement bien écrit, charmant et soigné, le premier long métrage de dessins animés* réalisé par Louis Clichy fait déjà l’unanimité auprès des médias, des exploitants de salle et de tous les chanceux qui ont eu le bonheur de le découvrir collectivement à Cannes, à Annecy ou ailleurs. Il ne fait aucun doute que les jeunes publics et leur famille, auxquels ce film s’adresse en priorité, seront à coup sûr conquis et que le bouche-à-oreille enthousiaste parachèvera le triomphe annoncé auprès du reste de la population.
Viendront ensuite la campagne étasunienne pour les Oscars**, le prix Louis Delluc (il serait mérité), le César du meilleur long métrage d’animation, etc. Et, nous en serons tous enchantés.
Pour l’heure, j’aimerais souligner ici la dimension politique du film. Car, oui, l’animation est toujours politique !
Outre le récit enjoué et émouvant de l’éveil à la vie d’adulte qu’il déploie, Le Corset prend pour toile de fond la Beauce céréalière, territoire emblématique des excès du modèle agricole intensif. Sans jamais tomber dans le moralisme ou le militantisme binaire, la représentation que le film propose d’un monde paysan corseté par l’agro-business (pour ne pas que ce monde penche vers un système plus soutenable ?) questionne frontalement l’agonie d’un secteur industrialisé à outrance et prisonnier des logiques spéculatives qui le dépassent.
Opportunément, il ne me paraît pas idiot de relever une certaine analogie avec l’industrie actuelle du cinéma d’animation, sur-automatisée, saturée par l’élevage en batteries (de milliers de petites mains sans compétences ni avenir professionnel), sous perfusion de financements publics en constante baisse et aujourd’hui existentiellement menacée par ses propres grosses machines productivistes. Lesquelles, dans leur quête constante de performance, de rendement et de compétitivité, nuisent à la résiliente biodiversité de leur terroir artisanal et artistique à renfort de technologies énergivores et d’intrants algorithmiques.
Pour ces raisons aussi, ce film vous fera un bien fou.


* J’exclus bien entendu les co-réalisations de Louis Clichy sur des longs métrages en images de synthèse tridimensionnelles qui ne relèvent pas des dessins animés. C’est important de le préciser.
** Elle a, semble-t-il, déjà commencé, dès cette fin septembre 2026, à Atlanta et à New-York notamment.

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