Le Roi et l’Oiseau

roi_oiseau_mars2017

29 mars 2017
Cinéma Le Long-court [Coutances – 50]
Conférence pédagogique – Présentation

Intervention à la demande de la coordination départementale d’École & Cinéma de la Manche autour du film de Paul Grimault, Le Roi et l’Oiseau.
C’est avec grand plaisir que j’ai proposé aux enseignants présents différentes pistes de réflexion et de travaux en classe autour de ce monument patrimonial.

Après une introduction sur la « figure tutélaire » que représentait Paul Grimault dans l’histoire du cinéma d’animation français (la majorité des participants n’avaient jamais entendu parler de lui), j’ai retracé brièvement l’épopée chaotique de la production exceptionnelle à plus d’un titre que fut Le Roi et l’oiseau, en rectifiant autant que possible les imprécisions pudiques qui continuent de circuler, dans les ouvrages dits spécialisés jusqu’aux publications en ligne de la Cinémathèque française, concernant l’importance artistique de la première version de ce film (La bergère et le ramoneur, 1952) et son influence précise sur l’œuvre de quelque cinéastes, japonais entre autres, aujourd’hui adulés mondialement.
En comparant objectivement La bergère et le ramoneur, désavouée par ses auteurs, et la version définitive réalisée en 1979, l’extraordinaire modernité de l’œuvre initiale (certes imparfaite et inachevée) apparaît très nettement. L’examen de plusieurs séquences communes aux deux versions révèle notamment le formidable talent de metteur en scène et de décorateur de Paul Grimault (création d’espaces physiques, psychologiques et poétiques inédits pour l’époque) et le raffinement remarquable du dessin de ses animateurs en chef, Henri Lacam et Gabriel Allignet en tête.
Un « raffinement » d’animation quelque peu perdu dans Le Roi et l’Oiseau.

L’analyse des affiches des différentes exploitations du film peut faciliter l’entrée au cœur de l’allégorie du film : la victoire de la liberté (l’Oiseau) contre le pouvoir absolu (le Roi). Cette voie royale conduit par exemple à l’étude décomplexée de l’architecture composite du château du Roi, de son musée « maniaco-mégalo-iconolâtre » et des mécanismes de domination que le film entier, du premier au dernier plan, décrits tantôt subtilement, tantôt frontalement. L’observation de la construction narrative du long métrage confirme définitivement l’intention – plus ou moins assumée – de Paul Grimault et Jacques Prévert.

Au prétexte, enfin, du 40e anniversaire de la mort de Jacques Prévert (et accessoirement de l’anniversaire exact du décès de Paul Grimault, le 29 mars 1994), j’ai essayé de mettre en lumière les résonances du film avec la poésie de Prévert, tant dans le fond que dans la forme. En écho à de nombreux extraits de « Paroles », le Roi et l’Oiseau peut être vu/lu comme un « film-hommage ».
Cette lecture permet l’appréciation objective des forces (indiscutables), mais aussi les faiblesses (nombreuses), de cette œuvre grandiose et néanmoins de plus en plus distante des publics qui la découvrent aujourd’hui.

 

« … qu’est-ce que c’est que ces gens-là qui ne sont pas foutus de compter jusqu’à vingt ? »
Les belles familles (in « Paroles », 1946)
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