Le rouleau du Grand Conseiller Ban

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L’art des rouleaux peints japonais (ou “emakimono“) occupe une place discrète (pour ne pas écrire inexistante) dans l’histoire de l’art telle qu’elle est enseignée traditionnellement en Occident. Pourtant, cette pratique artistique à caractère narratif, déclinaison d’un genre de peinture venu d’Inde et de Chine où la dimension topographique prédominait, a atteint des sommets dans la représentation d’une continuité narrative à des fins purement laïques et divertissantes.

C’est à l’apogée de l’ère de Heian (fin du XIIème siècle), que les artistes et artisans japonais qui concevaient les rouleaux enluminés ont montré l’éclatante diversité des procédés de représentation graphique dont ils maîtrisaient parfaitement l’impact spectaculaire sur le lecteur appartenant généralement à l’élite impériale.

Le cinéaste Isao Takahata a proposé en 1999 dans son livre “Juni senki no animeshon” (“L’animation au XIIème siècle”) une lecture particulièrement pertinente d’un corpus de quatre rouleaux peints au Moyen Âge, au sein duquel il dressa plusieurs parallèles avec les procédés mis en œuvres dans les bandes dessinées et dessins animés japonais : changement de points de vue provoqué par le déroulement (le déroulé) du récit, transitions elliptiques, décomposition d’une action au sein d’un même plan (dont l’un des plus célèbres exemples marque l’apogée du second rouleau de l’ensemble intitulé “Rouleau du Grand Conseiller Ban, ci-dessus), voire effets de “flash-back”.

 

Dans le recensement des formes d’art constituant les origines de la représentation graphique (voire “cinématographique”) du mouvement, un groupe de rouleaux peints au Japon, à la fin du XIIème siècle, peut être considéré comme l’une des étapes les plus importantes dans l’histoire des arts narratifs.
Voici les trois plus représentatifs :

• Le Shigi-san emaki (“Rouleau des légendes du Mont Shigi”)
• Le Ban dainagon emaki (“Rouleau du Grand Conseiller Ban”)
• Le Chôjû giga emaki (“Rouleau satyrique des animaux et des hommes”)

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