Essentialisation productiviste

 

Depuis un quart de siècle, l’œuvre ciné-photographique de l’artiste hollandais Gerco de Ruijter apporte l’illustration concrète que les grands courants artistiques de la peinture abstraite ont toujours puisé leur inspiration directe de l’observation aussi rigoureuse que transcendée de la nature.
En 2010, Letting Go évoquait le cubisme et les tableaux précurseurs de Johannes Vermeer, en filmant depuis un cerf-volant instable la ville actuelle de Delft.
En 2011, c’est le dripping de Jackson Pollock qui surgissait des interminables saillies bitumées des grandes plaines du Middle West américain.
Avec le projet “Grid Correction”, dont l’une des déclinaisons filmiques est depuis peu relayée par les veilleurs culturels de la webosphère, de Ruijter rend hommage au génie visionnaire de Piet Mondrian qui a conduit ce dernier à interpréter la nature, l’arbre et ses ramifications, jusqu’à l’abstraction la plus minimaliste qui soit.
La séquence présentée ci-dessus est formée par une série de clichés aériens, réorganisés suivant le tracé des artères qui structurent le paysage agricole optimisé par l’homme, en l’occurrence dans l’environnement rural productiviste étasunien. Ces vues animées – recomposées image-par-image – rendent visibles la géométrie fascinante d’un monde quadrillé, géo-cartographié, rationalisé à l’extrême par les règlementations technocratiques des politiques agricoles communes, publiques et privées.
Un monde à notre entendement toujours plus abstrait à force d’être régi par l’illusion qu’il peut être totalement dominé.

 

> le site web de Gerco de Ruijter

 

 

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