Il faut saluer l’audace – ou l’inconscience – du distributeur français Eurozoom qui proposera le 3 décembre prochain une version remasterisée du long métrage iconoclaste de Mamoru Oshii !
Car nous ne sommes pas très nombreux en France à aimer l’animation japonaise anti-conformiste et avant-gardiste, qui se fiche des attentes des spectateurs-consommateurs de distractions.
Car nous sommes probablement encore moins nombreux à aimer nous abîmer dans des œuvres à ce point déstabilisantes pour le seul plaisir d’entrevoir les confins si peu explorés de l’art des dessins animés.
Alors de grâce, jeunes et moins jeunes amateurs de grand cinéma d’animation, faites un effort ! Tentez cette expérience cinématographique au moins une fois !
Oubliez tout ce que vous croyez connaître de l’animation nippone et laissez-vous transporter dans le récit mystique aux intentions narratives impénétrables de L’œuf de l’ange.
Vous admirerez la maîtrise d’œuvre qu’il fallait en 1985 (voilà 40 ans, sans ordinateurs) pour mener à bien un tel film. Vous vous étonnerez peut-être qu’un producteur – Tokuma Shoten, en l’occurrence, l’une des plus importantes maisons d’édition japonaise, principal actionnaire du Studio Ghibli fondé la même année – ait pu financer un tel projet. Accessoirement, vous vous demanderez peut-être quelles sociétés de productions possèdent en 2025 une témérité équivalente pour prendre autant de risques. Et vous aurez beaucoup de mal à trouver une réponse.
Et, qui sait, pourriez-vous même vivre une belle épiphanie artistique.
Recherche graphique de Yoshitaka AMANO, directeur artistique du film






Vous devez être connecté pour poster un commentaire.