Un film de Takeshi KOIKE
Titre original : ルパン三世 THE MOVIE 不死身の血族
Année de sortie : 2025
Origine(s) : Japon
Sortie en salles françaises : 25 février 2026
Où « rendre la Terre immortelle !? C’est quoi ce délire ?! »

Réaction à chaud :
Revoilou chez nous l’impayable et immortel Lupin III dans un long métrage animé, après quelques adaptations ratées, voire catastrophiques, parvenues on-ne-sait-trop-pourquoi sur nos écrans !
Tout comme on peut s’interroger quant la sortie de cette seconde et unique partie d’un diptyque formé avec Zenigata et les deux Lupin*.
L’essentiel demeure que Tokyo Movie Shinsha (TMS) et le studio Telecom, qui furent tous deux coupables dès 1969 des premières transpositions animées du manga pour adultes créé par Monkey Punch, continuent de presser le citron a priori inépuisable de la franchise « Lupin the Third » en reconvoquant depuis une bonne décennie l’esprit initial – violent, caricatural, exubérant, masculiniste – d’un univers perpétuellement figé à l’aube des années 70. Et que nous puissions en profiter aujourd’hui.
Pour ce faire, les « gardiens du temple » ont ressorti les vieux poncifs, mille fois brassés dans les précédentes adaptations filmées d’un « cahier des charges » qui n’a rien à envier à celui de James Bond. Ils ont renoncé à la cible du public enfantin (quel boulet, celui-là !). Ils ont sur-sexualisé le faire-valoir féminin Fujiko Mine, ressorti de la naphtaline les hyper-méchants-mutants et leurs vaines quêtes d’immortalité (coucou, Elon Musk !) et ont ainsi relancé la machine-à-plaisir-régressif du spectacle de l’accumulation déraisonnable d’exploits improbables à la conclusion prévisible.
Ainsi, ces nouvelles tribulations de Lupin et sa bande de voyous déviants mais surdoués sont de nouveau orchestrées d’une main de maître par un Takeshi Koike* au sommet de son art. Sa mise en scène est de très très haut niveau, les qualités graphique et animationnelle de son film sont stupéfiantes et déployées avec une insolente ostentation, débauche d’effets psychédéliques, de poursuites endiablées, de combats sanguinolents et d’envolées disco. Il ne manque rien pour contenter les adeptes de Lupin III qui retrouveront avec joie des éléments développés dans le tout premier long métrage animé de la franchise (Le mystère de Mamo, 1978), détecteront même quelques clins d’œil aux comédies miyazakiennes (Conan, fils du futur et Porco Rosso en particulier), discerneront peut-être l’hommage rendu à la passion obsessionnelle pour les engins militaires de la Seconde guerre mondiale de Yatsuo Ôtsuka (ex-pilier poteur de Telecom, définitivement associé au cambrioleur lubrique), engins ici sublimés par une impressionnante intégration de modèles 3D stylisés façon dessins animés traditionnels.
Puis ils passeront à autre chose, en attendant le film suivant.
Plan extrait du Secret de Mamo, sorti en France en vidéo en 1985
* Après Redline (2010), son premier long métrage en tant que réalisateur, Yakeshi Koike semble avoir signé un contrat de mariage avec Lupin III.
En 2012, il a défini le character design exceptionnel de Une femme nommée Fujiko Mine. Puis, il a enchaîné la réalisation du Tombeau de Daisuke Jigen (2014), Le jet de sang de Goemon Ishikawa (2017), Le mensonge de Fujiko Mine (2019), Zenigata et les deux Lupin et La lignée immortelle (tous deux sortis au Japon en 2025).
Plan extrait de Une femme nommée Fujiko Mine, jamais sorti en France






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