Plan cul

 

Un programme de courts métrages animés adultes pour les salles de cinéma ?
En 2021 ?
Décidément, tout fout l’camp !

 



Les sept films au programme :
Toomas dans la vallée des loups sauvages de Chintis Lundgren

Average Happiness de Maja Gehrig

Hold Me Tight de Mélanie Robert-Tourneur

Wild Love de Paul Autric, Quentin Camus, Léa Georges, Maryka Laudet, Zoé Sottiaux, Corentin Yvergniaux (École des Nouvelles Images)

Filles Bleues, Peur Blanche de Marie Jacotey et Lola Halifa-Legrand

#21xoxo de Sine et Imge Özbilge

Just a guy de Shoko Hara

Disponible en salles à partir du 13 octobre 2021.
Pour le programmer, contactez Miyu Distribution : annabel.sebag@miyu.fr

 


J’ai le sentiment qu’on progresse. Lentement, certes, mais on progresse.
Il n’y a pas si longtemps, un tel programme eût été réservé à une case tardive d’Arte, rehaussé du qualificatif “coquin”, histoire de souligner son caractère exceptionnel au sein d’un registre que la/le critique de cinéma fainéant(e) et condescendant(e) vis-à-vis de tout-ce-qui-bouge-sous-la-caméra-sans-être-humainement-incarné, aime à réduire, faute d’arguments, à la formule absconse de “poétique et tendre”. Combien d’exploitants se risqueront donc à programmer cette sélection à la fois drôle, féroce, lumineuse et déstabilisante ?

Le traitement des récits animés consacrés aux questions inhérentes à la sexualité a, lui aussi, largement gagné en maturité ces dernières années, sous l’impulsion notable de réalisatrices, majoritaires à s’emparer de manière décomplexée d’une thématique toujours aussi universelle que tabou, dont la banalisation contribuerait pourtant à déniaiser/émanciper/soulager (au choix) quantité de publics, jeunes et moins jeunes, exclusivement éduqués à la Chose par la pornographie.

Deux voire trois des sept films qui constituent cette sélection, relèvent du documentaire d’animation. Ils abordent singulièrement, avec une distance que ne permet pas l’image captée en continu, l’essence du réel : qu’il s’agissent de traduire la sensualité insoupçonnée des statistiques (Average Happiness), de moquer les codes de séduction à l’ère des réseaux asociaux (#21xoxo) ou de questionner la fascination malsaine des groupies du tueur en série Richard Ramirez (Just a guy).
Apogée de ce programme au titre trompeur, le court métrage de Shoko Hara pourra être ressenti par des spectateurs ou spectatrices sensibles comme un coup de poing dans le ventre. C’est si rare devant des films d’animation qu’on s’en réjouirait presque.

 

 

 

 

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