Quand l’intelligence regagne du terrain

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Ça se passe en Hollande, dans l’un des plus beaux musées européens.
Des personnes un peu plus sensées que les autres y ont pris la décision courageuse, oui courageuse, d’interdire les photos et d’encourager à la place la pratique généralisée du dessin in situ, en mettant à la disposition de tous les publics les matériels adéquat, en aménageant les salles et en organisant des séances d’étude d’après modèle vivant et d’après œuvres exposées.
Par cet acte clairement militant, le Rijks Museum vient de proposer une alternative d’une intelligence rare au fléau qui frappe l’ensemble des lieux touristiques de la planète : le support numérique mobile (tablettes, smartphones et autres gadgets connectés) au bout d’un bras et/ou au bout d’une perche.
Il faut espérer que d’autres grands musées d’art adopteront tôt ou tard cette mesure qui octroie, entre autres bénéfices, à ses visiteurs l’opportunité d’éprouver tout ce que nous avons abandonné en l’espace d’une malheureuse décennie, en déléguant aux dérisoires machins greffés à l’extrémité de nos doigts notre aptitude à regarder avec bienveillance, à comprendre et à respecter la beauté du monde.
On ne réalise pas encore pleinement que ce choix de civilisation constitue une sévère régression culturelle dont nous subissons déjà les conséquences désastreuses, dans nos relations sociales quotidiennes ou notre dépendance addictive aux images, par exemple. Dans une moindre mesure (quoi que), l’abandon de l’enseignement du dessin, de l’école primaire aux écoles d’art, fut une démission du même ordre.
La direction du Rijks Museum doit donc être doublement félicitée.

 

anima