Tance macabre

 

La projection de Dance macabre, la dernière réalisation de Hisko Hulsing, a déclenché l’ire d’une partie des spectateurs du dernier festival d’Annecy au prétexte que ce court métrage de six minutes arborerait les signes ostensibles d’un recours décomplexé à l’IA générative.
Le directeur artistique du FIFA s’en est offusqué en invoquant une « chasse aux sorcières ». Le réalisateur et ses producteurs s’en sont défendus. Le pseudo-débat médiatique sur ce non-événement a vite fait pschitt. Les hués et les sifflets, c’est pas bien. Fin de la récré.

Outre les questions morales et éthiques que soulève cet hypothétique usage – assumé ou non – d’une technologie en passe de consumer l’humanité bien plus rapidement que la résurgence généralisée des techno-fascismes, on pourra rappeler que, dans la chaîne de fabrication (industrielle et artisanale) des films et séries, l’automatisation des savoir-faire animationnels, via des applications de calculs algorithmiques, ne date pas d’hier. Que la crise économique qui frappe durablement l’ensemble des industries culturelles et numériques n’est pas la conséquence de la démocratisation des modèles de langage computationnels. Qu’à partir de cette année 2026, les impacts de l’IAG vont commencer à se faire sentir plus radicalement sur les emplois et sur les projets. Et, à l’aune de 2000 ans d’Histoire documentés, que face à n’importe quel type de crise, les raisonnements simplistes et le militantisme arbitraire desservent toujours les luttes les plus légitimes.

Bon, ceci dit, qu’en est-il du film lui-même ?
Son message politique est-il sublimé par ses images numériquement animées à partir de peintures apocalyptiques conçues par le réalisateur en personne ?
Franchement, non. Ce court métrage est pompeux,  voire « pompier » (au sens de « conventionnel et ridiculement emphatique »). A certains égards, il est même vulgairement racoleur : je pense aux séquences d’exécution, bien sûr, qui relèvent de la surenchère superfétatoire.
Ringard, à la limite du nanar, Dance macabre pourrait bien être un équivalent cinématographique du motif visuel pacifiste « Why? », devenu peu à peu la caricature de lui-même.

Pour vous faire un avis, le film est visible sur Arte.tv jusqu’au 23/08/2027

anima