Une nouvelle aube

 

 

Un film de Yoshitoshi Shinomiya
Titre original : 新しい夜明け
Année de sortie : 2026
Origine(s) : Japon, France
Sortie française le 12 août 2026

 

Où le shuhari est un phénomène cosmique.

 

Décors somptueux, photo-réalistes mais stylisés, tout en couleurs pastels acidulées…

 

Réactions à chaud

Le très haut niveau de production de ce long métrage d’animation saute aux yeux d’emblée. Sa direction artistique est excellente. Sa mise en scène est impeccable et parfois audacieuse. Son animation dessinée est irréprochable. Elle reste parfaitement cohérente lorsqu’elle s’hybride avec des volumes, virtuels (3D) ou tangibles (stop-motion).
Seulement voilà, ce énième mélodrame d’ados/jeunes adultes-en-révolte-contre-la-disparition-inéluctable-du-cocon-de-leur-enfance ne laisse quasiment aucune place à l’émotion et ne raconte rien de spécialement nouveau sous le soleil levant. Ces gros défauts limiteront forcément la réception enthousiaste du film en France, le mois prochain, en pleine torpeur pré-rentrée scolaire.
Et ni les quelques clins d’œil par-ci, par -là au Pompoko de Takahata, ni les séquences oniriques à la timide dimension poétique, ni les malicieuses incursions de la main experte de notre Victor Haegelin national, ne devraient suffire à convaincre assez de spectateurs facilement impressionnables qu’une telle œuvre, aussi « bien faite » soit-elle, mérite le déplacement en salle climatisée.

Un nouvelle aube participe brillamment de la tendance sensationnaliste de l’animation japonaise qui privilégie la surenchère de performances formelles à la profondeur intellectuelle du fond narratif. On ne le répétera jamais assez, cette tendance, devenue presque un genre en soi dont Makoto Shinkai serait le maître-étalon à surpasser, constitue une impasse artistique. Véritable royaume de superficialité ostensiblement compétitive, elle vit peut-être ses dernières années, avant anéantissement par les images-IA animées et/ou par lassitude de ses publics.
On en rirait s’il n’y avait pas tant de talents créatifs, tant de labeur et tant d »argent en jeu derrière ce type de film.

 

 

Phases d’animation en volume de l’un des personnages des séquences d’ivresse réalisées par Victor Haegelin

 

Aux nombreux effets spéciaux numériques utilisés sur ce film, s’ajoute plusieurs trucages plus artisanaux comme l’animation de ciné-marionnettes (on l’a dit) ou la superposition « multiplane »de matières aqueuses (gouttes de savon, par exemple) pour simuler l’écume d’eau de mer ou les gouttelettes de pluie sur la vitre d’une caméra qui filmerait réellement les personnages dans leur environnement. D’ailleurs, cet effet de réel est visible si furtivement qu’il est permis de s’interroger sur son utilité narrative.

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