3 000 lieues en quête de Maman – Épisode 7

 

 

Épisode 7 : “L’océan vu du toit

Marco s’est résolu à quitter l’appartement familial où il est né. Il entend participer à son premier déménagement, en manquant l’école et son travail chez M. Girotti, le laveur de bouteilles. Il est d’autant plus enthousiaste que son père lui promet une vue sur la mer depuis sa fenêtre.
Il déchante très vite en découvrant que le nouvel appartement est un taudis situé sous les toits dans un immeuble voisin.
En colère mais vite raisonné, Marco en oublie d’avertir son patron de son absence. Sa tentative de recourir à Amedeo échoue lamentablement ; il part donc accomplir sa journée de travail.
A son retour, le nouvel appartement a été aménagé et Tonio a construit une petite terrasse sur la toiture d’où on aperçoit la mer.
Laissé seul, Marco circule de toits en toits est fini par atteindre une vue panoramique sur la Méditerranée. De là, il découvre l’appartement où Fiorina s’entraîne aux marionnettes. Il s’agit de leur première véritable rencontre, au cours de laquelle les deux enfants se trouvent une douleur commune, l’absence de leur mère et un horizon commun, l’Argentine.
Ils cèlent leur amitié en se tenant la main, face à l’océan lointain.

 

 

Il me semble que tout l’art de Takahata et Miyazaki peut être compris à l’aune de cet épisode. Que ce soit dans la mise en place d’un espace scénographique crédible, dans la représentation subtile de la psychologie – simple mais jamais simpliste – des personnages principaux ou dans la manière, tout aussi subtile et intelligente, de nouer leurs relations.
Ici, Marco passe par tout une gamme de sentiments contradictoires qui ne font que renforcer la détermination extraordinaire dont le spectateur aura à le créditer ultérieurement.
Fiorina garde une attitude distante à l’égard de Marco, même dans la séquence finale. Leur amitié sera forte mais pas sans difficultés.
La scène où Marco pense pouvoir utiliser son petit singe pour avertir son patron est un pied de nez aux facilités habituelles des créateurs de dessins animés pour enfants du recours à l’animal anthropomorphisé. Sa tentative va échouer, il ne s’attardera même pas sur cet échec, Amedeo jouera son rôle de faire-valoir autrement. Il reste et restera – nous sommes prévenus – un animal mû par son instinct. Marco ne pourra pas attendre de lui autre chose qu’une compagnie.

 

 

Analyse de plan

Comme on l’a vu dans l’épisode précédent, afin d’enrichir sa mise en scène, Hayao Miyazaki a souvent recours à des procédés audacieux qui relèvent souvent du pur effet de zèle, bien que toujours pertinents, rien n’étant laissé au hasard dans la production d’un film d’animation. Parmi ses procédés favoris pour souligner l’inquiétude d’un personnage, l’effet de loupe revient régulièrement dans ses réalisations. Sur-cadre, lorgnette, reflets dans un miroir, comme dans le plan cité ci-dessous, extrait de Mon voisin Totoro (1988).

 


Maquette de plan (layout) dessinée par Hayao Miyazaki et plan final

 

Crédits images :  Haha wo tazunete sanzenri ©Nippon Animation Co Ltd. 1976

 

 

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