Un film de Zaver Najjar
Titre original : idem
Année de sortie : 2025
Origine(s) : France, Belgique, Canada, Luxembourg, États-Unis, Arabie Saoudite
Sortie en salles françaises : 4 mars 2026
Où le sens de l’humain s’est perdu.

Réaction à chaud
Saluons d’emblée l’audace de cette production internationale qui est parvenue à regrouper – non sans mal, on l’imagine – les moyens financiers, créatifs et techniques de faire exister à ce niveau élevé l’adaptation animée du roman éponyme de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma. Remarquablement bien scénarisé, fabriqué et réalisé, ce récit à la première personne d’un enfant-soldat emporté dans les conflits armés du Liberia et de Sierra Leone est captivant du début à la fin. La première scène donne d’ailleurs immédiatement le ton de vérité d’une narration tendue qui n’épargnera rien au spectateur des violences traumatisantes des guerres post-coloniales qui gangrènent encore et toujours les pays d’Afrique centrale, leur interdisant toute stabilité durable et tout horizon démocratique.
Saluons encore plus respectueusement le courage qu’il aura fallu pour conserver ce titre* ambigu, contre-publicitaire et repoussoir à spectateurs sceptiques. Lesquels auraient tort de s’y arrêter car ce film ne glorifie ou ne porte atteinte à aucune religion.
Alors, avec un sujet aussi dramatique, un parti pris de mise en scène aussi abrupt, personne ne s’attend à ce que ce long métrage mobilise un nombre suffisant de spectateurs pour être amorti en première exploitation. Son inscription future dans l’un des dispositifs scolaires « Collège au cinéma » et/ou « Lycéens et apprentis au cinéma » pourra assurément compenser un tant soit peu son probable insuccès auprès de ses premiers publics en salles, pourtant plus adultes qu’adolescents. Et, peut-être, inch’allah, ce rattrapage permettra à d’autres courageux d’entreprendre ici-bas l’adaptation de la suite de la fucking life de Birahima, « Quand on refuse, on dit non », qu’Ahmadou Kourouma publia peu de temps avant son décès en 2003.

* Abréviation du leitmotiv du roman « Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ses choses ici-bas ».
Addendum (7 mars 2026)
Sans surprise, la première semaine d’exploitation d’Allah n’est pas obligé se révèle catastrophique (env. 2 000 entrées).
Sans surprise, les habituelles bouées de sauvetage sont convoquées, quitte à tordre grossièrement avec la réalité.
Sans surprise, elle n’éviteront pas le naufrage et pourraient même l’accélérer.
On en rirait si ce n’était pas aussi pathétique.


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