Mémoires d’un escargot

 

Un film d’Adam Elliot
Titre original : Memoir of a snail
Année de sortie : 2024
Origine(s) : Australie

 

Où « nous avons tous enfin échappé à nos cages ».

 

Impossible de ne pas voir dans les velléités cinématographiques de Grace Pudel,
la mise en abîme auto-biographique du réalisateur.

 

Réactions à chaud :

Le moins que l’on puisse dire est que nous n’avons pas été nombreux, à Annecy en 1997, à identifier immédiatement le génie d’Adam Elliot. Et à accueillir avec enthousiasme, les années suivantes, jusqu’au bouclage de sa trilogie Uncle / Cousin / Brother, ses courts métrages fauchés à la mise en scène minimaliste.
A l’été 2003, j’écrivais dans Animeland, dans un long article dédié à l’animation australienne : « Adam Benjamin Elliot nous a confirmé […] qu’il faudrait désormais le compter parmi les valeurs sûres du cinéma d’animation. […] Harvey Krumpet est une biographie désopilante et sarcastique (à l’image du cinéaste) de la vie tumultueusement barbante d’un anti-héros étrangement attachant. »
En 2009, Mary & Max, son premier long métrage déployait, non sans quelques faiblesses narratives tout à fait pardonnables, l’amplitude politique et néanmoins fédératrice de sa recette improbable célébrant les cabossés de la vie avec un humour désespéré et une férocité cathartique à l’égard de la bêtise humaine qui discrimine, corrompt, exploite, abuse les êtres en marge et/ou socialement défavorisés.
15 ans plus tard – car oui, produire et fabriquer un film « artisanal* » de 94 minutes pour adultes en ciné-marionnettes (stop-motion) demande audace, courage, persévérance et un admirable anti-conformisme – Mémoires d’un escargot atteint un degré de maîtrise artistique, de l’écriture à l’esthétique, qui sublime le pathétique jusqu’à le rendre presque enviable.

 

Cameo de Harvey Krumpet parmi les nudistes échangistes de Mémoires d’un escargot

* Adam Elliot revendique le fait-main et l’absence de trucages numériques dans son film. L’artisanat de son approche est plus philosophique, voire idéologique, que matériel/logistique car un long métrage – sauf rarissimes exceptions – reste une entreprise industrielle, organisant et rationalisant des savoir-faire individuels au sein d’une aventure collective.

anima