
Série de 13 épisodes de 6′ (tv, plateforme)
2026 – France, Belgique
Autrices, scénaristes, réalisatrices : Inès Bernard-Espina, Mélody Boulissière, Clémentine Campos
Production : Miyu Production
en streaming sur la plateforme Okoo depuis le 22 avril dernier
Indiscutablement, le plan emblématique de cette première saison (ép. 11) !
Cette série est adressée à une cible de téléspectateurs (3-5 ans) qu’on ne devrait même pas avoir à cibler tant elle a besoin pour s’épanouir de rester loin des écrans.
L’étiquetage réducteur est d’autant plus fâcheux que l’ensemble de ses 13 épisodes bouclés est très plaisant à regarder même pour un adulte et mérite le détour de la part des amateurs de dessins animés à la fois divertissants et intellectuellement enrichissants. C’est dit.
Patouille et Momo repose sur le concept simple et maintes fois exploité* de la découverte enthousiaste – ici par un binôme complémentaire, naïf mais pleinement ouvert d’esprit – du fonctionnement quasi-invisible à l’œil humain de la bio-diversité qui nous entoure. Et si l’ambition de la série est clairement pédagogique, cette dernière n’est jamais ennuyeuse, encore moins démago ou donneuse de leçons.
Son esthétique graphique célèbre la picturalité manuelle, si proche des manières de l’enfant de s’exprimer par le dessin et la peinture. Rien qu’en cela, la série fait tâche utilement dans l’océan appauvri des œuvres sérielles en 2D numérique (lisse et sans âme) qui constituent l’essentiel de la production française d’animation audiovisuelle.
Sur le fond, Patouille et Momo se démarque aussi et surtout par une écriture bien rythmée, qui plus est épargnée par les travers narratifs habituels de l’animation jeunesse (bienveillance mièvre, jeunisme hors sol, dialogues nunuches, …). Cette qualité rare s’incarne magnifiquement dans la voix des deux comédiennes qui donnent corps aux personnages-titres sans se prendre au sérieux. La prestation de Louise Van Gasselt en particulier insuffle une joie et une authenticité revigorantes aux dialogues, eux-aussi remarquablement bien écrits.
Mine de rien, huit années auront été nécessaires, de la phase de développement à la première diffusion (« de la graine au fruit » ;), pour qu’un tel morceau de bravoure arrive face aux publics.
Ce temps long n’est pas exceptionnel. Il témoigne néanmoins de la ténacité et de la foi en l’animation artisanale qu’il faut avoir pour produire (bravo Miyu !) ce type d’œuvre, peu ou pas démodables.
* Impossible de ne pas penser à la mémorable série écologiste Ma petite planète chérie (1997) avec laquelle Patouille et Momo partage beaucoup de points communs.
Trois décennies séparent ces deux œuvres animées. Pas sûr qu’il faille s’en réjouir.
Au milieu de la palette de couleurs, globalement froides, de la série, le duo de protagonistes est un constant îlot de chaleur.
Les épisodes :
1# Le cèpe
2# La cymbalaire des murs
3# Le pin
4# L’érable
5# Le noyer
6# L’oignon
7# Le nénuphar
8# L’ortie
9# La fougère
10# L’oyat
11# Le lierre
12# Le bananier
13# La droséra





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